Vin et Société : « Trois propositions pour faire évoluer la loi »
A l'occasion des 20 ans de l'adoption de la loi Evin, l’association « Vin et société » a organisé à l’assemblée nationale une conférence sur le thème « La loi Evin 20 ans après : mission accomplie ? ». L’objectif : dresser un bilan « sincère » de cette loi avec l’ensemble des acteurs concernés. L'association souhaiterai sa révision, sous forme de trois propositions, qui viseraient à la concentrer sur les consommations excessives d’alcool.
Durant deux heures, députés, viticulteurs et interprofessions, publicitaires et sociologues ont échangé sur le sujet. Plus précisément, deux thèmes ont été abordés : quel bilan dresser de la loi Evin pour la filière viticole ?, et « Communication, information, prévention : quels nouveaux outils pour quels nouveaux enjeux ? ». Le débat était animé par la journaliste Valérie Expert et co-présidé par Serge Poignant, député de Loire Atlantique et président de la Commission des affaires économiques, et Yves Censi, député de l'Aveyron, vice-président de la Commission des finances.
Un amalgame entre le vin et le tabac
Comme l'a rappelé le député Philippe Martin, depuis l'introduction de cette loi il y a 20 ans, la filière viticole souffre d'un « amalgame entre le vin et le tabac, alors que ce sont deux choses différentes. Le vin, consommé avec modération, n'est pas mauvais pour la santé ». « Le monde du vin ne sait plus aujourd'hui comment faire connaître son produit sans être attaqué, a t-il déclaré. La censure de la publicité de Bordeaux "boire moins, boire meilleur" en est un exemple. On se retrouve donc dans une situation où la loi bénéficie aux marques, mais pas aux collectivités. En France, en 50 ans, la consommation d'alcool a baissé de 50 % et de 70 % pour le vin. Du côté des jeunes, on constate qu'ils boivent moins de vin mais pas moins d'alcool en général. Leur motivation ne semble pas être la recherche de plaisir mais bien d'ivresse !". Selon le député, « la loi n'a donc pas atteint son but de réduction des excès, ni protégé les viticulteurs des alcooliers, plus puissants économiquement... ». Pour changer les choses, l'association Vin et Société souhaiterait donc que soit acté le principe général suivant : « pouvoir revenir à l'objectif initial de la loi de lutter contre les consommations excessives en valorisant la modération et en se concentrant sur les conduites à risques et les populations sensibles, en particulier les jeunes ». Elle demande donc une évolution de la loi sur trois points :
le premier, clarifier la définition de la publicité afin de lever toute ambiguïté d'interprétation, de permettre la liberté d'expression et de conserver le vin comme composante incontournable du patrimoine culturel français.
Deuxièmement : redéfinir les indications autorisées dans le contenu des messages publicitaires afin de valoriser la consommation responsable du produit, en excluant toute incitation à la consommation excessive (sécuriser l'information oenotouristique par exemple).
Et enfin : identifier les supports interdits à la publicité et intégrer pleinement dans la loi les interdictions susceptibles de s'adresser à des publics sensibles, ou d'engager des conduites à risque : les supports visant directement les jeunes, l'association au sport...
Le compte-rendu est disponible sur le site internet de Vin et Société.
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