
La « crise » économique n'a décidément épargné personne. Localement, elle s'était même fait très violemment ressentir du côté d'une structure mal connue et pourtant ô combien active, l'Établissement et service d'aide par le travail (ESAT, l'ancien Centre d'aide par le travail) des Vauzelles.
En 2009, la quasi-totalité de ses contrats de sous-traitance industrielle étaient tombés à l'eau. Bilan : des ateliers au point mort et près de 80 travailleurs handicapés au chômage technique. L'institution qui continuait de verser les salaires de ses pensionnaires avait bu le bouillon.
Le retour à l'équilibre financier a été célébré en 2010. Un apprentissage s'est alors imposé. « Nous nous sommes rendu compte qu'il fallait absolument développer des activités nouvelles (autre que la sous-traitance, la mise à disposition de personnel en entreprise et la gestion des espaces verts, NDLR) afin de sortir de la dépendance industrielle », résume le duo de tête, le directeur Roger Périno-Bernat et le président Patrick Bompoint.
La mutation est en marche. Une nouvelle chef d'atelier, Nathalie Denier-Quesnay, a été embauchée en février. Celle-ci succède au futur retraité Bernard Viollier, parti finir sa carrière à la tête d'un projet de réinsertion suivi par le Centre Jeanne-d'Arc, à Fatick, au Sénégal. L'Esat a surtout misé sur le recrutement d'une spécialiste du maraîchage bio, la très active Nora Bouzouagh. Celle qui venait de consacrer cinq années de sa vie à cultiver ses terres de la plus pure des manières, à Torsac, est appelée à relever un défi tout sauf symbolique : ouvrir et conduire une toute nouvelle activité de maraîchage bio avec un groupe de huit travailleurs handicapés.
Trois hectares à cultiver
L'idée est de proposer au personnel de l'Esat d'assurer tout au long de l'année une production de légumes diversifiés selon les codes et principes de la culture biologique. Une fois le projet mis sur pied, l'objectif sera de créer du lien social en revendant des paniers bio suivant des circuits courts. L'affaire se fera soit en vente directe, en commençant par fournir les familles des travailleurs handicapés. Soit en tissant des partenariats avec des structures de type Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne). Soit éventuellement, suivant la mode des cantines bio, en proposant ces légumes et ces fruits à des collectivités territoriales.
Si le projet plaît en interne et que la demande en produits bio est chaque jour plus importante, l'Esat des Vauzelles devra d'abord trouver un terrain pour s'établir. Selon les plans définis par Nora Bouzouagh, l'idéal serait de trouver une parcelle de trois hectares minimum dans un rayon maximum de dix kilomètres autour de Cognac. Élément essentiel : cet espace devra comprendre (ou se situer à proximité) d'un point de captage d'eau pour l'irrigation (ruisseau, rivière, étang, puits). Ledit terrain devra également comporter un bâtiment avec eau potable et électricité, et un hangar pour entreposer tracteurs et outillage.
Toute personne susceptible de détenir un tel bien est prié de contacter le directeur de l'Esat des Vauzelles, au 05 45 36 17 40. Plus d'informations sur le site Internet www.eirc-cognac.com
sud ouest mars 2011 06h00 | Par vincent dewitte
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